Trois questions à...Charles Autheman, délégué général du Labo des Histoires

Publié le 19.12.2016
Charles Autheman, délégué général du Labo des Histoires, revient pour la Nuit de la lecture sur la création et les buts de l'association. Il détaille également les animations prévues par le Labo des Histoires avec des librairies et des bibliothèques à l'occasion de la Nuit de la lecture.
© Ministère de la Culture et de la Communication

Comment est née l’association ?

Le labo des histoires est né en 2011, après un constat : il n’existe pas de lieu dédié à l’écriture pour les enfants, les adolescents ou les jeunes adultes de moins de 25 ans. Si un enfant souhaite faire du piano, de l’athlétisme ou lire, il peut aller au conservatoire, au stade ou à la bibliothèque. Ce n’est pas le cas s’il veut écrire. Notre objectif est de proposer quotidiennement des activités liées à l’écriture. Ces ateliers diffèrent en fonction du lieu, du public, du style d’écriture sujet de l’activité. Un groupe de jeunes adultes désireux de découvrir l’écriture de scénario dans le Nord-Pas-de-Calais  sera très différent d’une classe de CM1 de la Réunion qui s’initie au manga ou à la poésie.  Nos interventions  sont contextualisées et c’est ce qui constitue un point fort de notre association. À cela s’ajoute que nous sommes exigeants vis-à-vis de nos formateurs, qui sont rémunérés pour leur intervention. Notre association vit de subventions de l’Etat et des collectivités, mais également de dons privés : nous avons mis le doigt sur un manque et nous sommes aidés pour le combler.

Nous avons 10 antennes, dont une mobile,  et nous prévoyons d’en ouvrir cinq autres. Le labo des histoires fonctionne avec 12 salariés, 20 volontaires en service civique, et un vivier de formateurs riche d’environ 250 animateurs. Nous ne faisons pas appel à des bénévoles, car ce que nous leur demandons ne s’improvise pas, il s’agit d’un travail que nous souhaitons valoriser. Mais la dimension d’engagement associatif reste évidemment très forte.

Quelles sont les actions concrètes du Labo des Histoires en faveur de la lecture ?

© Ministère de la Culture et de la Communication

La lecture est consubstantielle de nos activités d’écriture : nous associons les deux. L’écriture commence par la lecture, et nos formateurs utilisent une large variété de textes et créent des temps de lecture dynamiques dans leurs ateliers. Par ailleurs, au moins deux de nos antennes sont hébergées dans des bibliothèques, et certains territoires travaillent beaucoup avec les librairies locales : tout cela crée une complémentarité dans le but de favoriser la lecture et l’écriture, et permet de démultiplier les offres.

Qu’avez-vous prévu pour la Nuit de la lecture ?

Notre programmation pour la Nuit de la lecture reflète la diversité des animations que le Labo des Histoires propose.

À Versailles, dans les Yvelines, nous organisons avec la bibliothèque centrale de la ville une « visite à la lanterne »,  pour que le public ait l’occasion de découvrir cet établissement historique.

À Fort-de-France, en Martinique, la Bibliothèque Schœlcher propose, à l’occasion de la mission spatiale de l’astronaute français Thomas Pesquet , des animations en lien avec le concours d’écriture Proxima, l’Agence spatiale européenne (ESA), la cité de l’espace de Toulouse et l’Institut Français.

À Bouzonville, en Moselle, l’espace culturel propose de créer en deux heures une œuvre collective ou individuelle de conte qui sera lue à 21h30 lors des lectures enchaînées. Sont aussi programmés un "blind texte", c'est-à-dire un jeu pour reconnaître des personnages de livres, ainsi qu'une lecture dans le noir et un apéro littéraire.

À Saint-Paul  de la Réunion, la médiathèque Leconte De Lisle  alterne ateliers d’écritures et lectures.

À la médiathèque du Tampon, à la Réunion également, une soirée à thème est organisée et ce sera aussi l’occasion de fêter les dix années d’existence de l’établissement.

À Bordeaux, les éditions du Livre de Poche et la librairie Mollat organisent une grande « Battle de mots » autour des Lettres Persanes de Montesquieu.