Donner accès à la lecture aux publics dits « empêchés » notamment dans les hôpitaux et les centres pénitentiaires

Publié le 01.12.2017
« Le bibliothécaire est chargé par sa collectivité publique ou privée de répondre aux besoins de la communauté en matière de culture, d’information, de formation et de loisirs », précise le Code de déontologie du bibliothécaire. En ce sens, la prise en compte des publics dit « empêchés », c’est-à-dire les personnes ne pouvant se déplacer à la bibliothèque comme les malades hospitalisés, les détenus, les personnes âgées à mobilité très réduite fait partie des actions conduites par les bibliothécaires.

C’est dans cette optique que l’association des bibliothécaires de France (ABF) a créé en janvier 2011 le groupe de travail  « Médiathèques-Bibliothèques d’établissements pénitentiaires », partant du principe que les personnes détenues ne connaissent pas  « l’effectivité du droit égal à la culture reconnue aux citoyens libres », explique Hélène Brochard, responsable du réseau et du groupe de travail. « Notre rôle est de provoquer la réflexion et de proposer des outils concrets pour ces établissements, qui trop souvent, sont des espaces réduits impropres à recevoir les services modernes de la lecture publique », ce qui est préjudiciable non seulement aux usagers, mais aussi aux professionnels.

En octobre 2016, ce groupe de travail élargit son champ d’étude aux publics des bibliothèques d’hôpitaux. « Les sujets de réflexion, les contraintes posées par le cadre, les conventions interministérielles et la notion de publics éloignés sont autant de points communs qui justifient un élargissement de la commission pour que soit intégrée la question des bibliothèques en milieu hospitalier », précise le rapport du groupe de travail.

Outre la mission de veille et d’alerte, le groupe de travail cherche aussi à sensibiliser les bibliothécaires à la nécessité des partenariats, afin de mieux accompagner et former les bénévoles de ces établissements à la mise en place de projets.

Des structures variées à fédérer

La difficulté de la tâche provient également de la diversité des structures existantes, qu’elles prennent place à l’hôpital ou en prison. « La loi européenne oblige les centres pénitenciers à avoir un lieu dédié à la lecture, mais rien ne précise quoi que ce soit sur la taille : d’un établissement à l’autre, il peut y avoir plusieurs petites bibliothèques réparties dans les différents bâtiments, ou bien une grande médiathèque pour toutes les personnes de la prison. A cela s’ajoute le fait que ces bibliothèques ne sont pas gérées de la même façon, certaines le sont uniquement par des détenus bibliothécaires rémunérés, d’autres bénéficient d’accompagnement par des professionnels, ponctuels ou réguliers » détaille Hélène Brochard.

Il en va de même pour les hôpitaux, où l’accès à la lecture peut prendre la forme d’un charriot roulant, d’un espace dédié, ou de bénévoles lecteurs au chevet des malades. «  En milieu hospitalier ou pénitencier, toutes les initiatives se font au cas par cas, en fonction des partenariats instaurés avec les bibliothèques du territoire où se trouve l’hôpital ou la prison. Il n’existe pas de cohésion nationale, mais notre groupe de travail tente de fédérer toutes ces initiatives », résume-t-elle.